Fête du Golfe du Morbihan : retour du Golfe ( mai 07 )

Je n'avais jamais assisté à ce rassemblement malgré les sollicitations des amis d'ici et d'ailleurs et je reçois un carton me sollicitant pour participer au jury du prix du patrimoine dont la dotation est de 600 euros pour chacun des 5 bateaux désignés par catégorie. (yachts classique de moins de >8m, de + de 8m, bateaux de travail etc...
Sur place, rapidement je me demande comment faire pour avoir un oeil averti sur des flottes dispersées géographiquement (900 bateaux) et sur un espace partagé entre l'eau et les iles....

Jeudi.

Si j'avais envie de suivre les marins de La Rochelle, venus en nombre (7 bateaux) + le canot de sauvetage tout coloré, tout neuf, tout beau, j'avais envie de voir d'autres flottes pour ma mission mais surtout pour ma curiosité et le spectacle sans cesse renouvelé que donne tous ces voiliers en mouvement, équipages négociant les courants au gré de leurs observations, de leur connaissance du milieu.... du flair pour choisir le bon bord, celui qui vous propulse en dérapage contrôlé, parfois incontrôlé... vers la marque à virer. Spectacle diabolique.... rien n'est jamais acquis sur ce plan d'eau bouillonnant dont les courants régnants ne vous jettent pas à la côte.

Christina II, si confortable et accueillant soit-il, ne me donnera pas cette possibilité.Le "bateau stop" me semble idéal, je convoite un semi rigide pour me véhiculer.Plan idéal, pas facile à réaliser.... Je soumet mon projet aux pionniers, incontournable trio organisateur  : Anne,Jakez, Polig (trop connus pour leur faire l'affront d'ajouter un nom de famille...) M'invitent sur leur "navire" semi-rigide flambant neuf.
Une fois à bord, je réalise que des organisateurs organisent, gambergent, téléphonent, ne vont pas forcément là où j'ai envie d'aller, même s'il ont prévu initialement de regarder le coucher de soleil depuis le Bono.... normal, ils ont des impératifs, pas moi.(organisatrice dans une vie antérieure, je devrais le savoir!.) Mais leur compagnie est bien agréable. Un petit coup de "Sauvignon" sorti très frais du coffre arrière, on démarre la journée Je rêve du saucisson qui généralement l'accompagne, mais il a un parfum incomparable... malgré l'heure matinale. Pour mes trois lascars, le café est déjà loin, la cigarette omni présente.
Faut bien ça pour décrasser les bronches.... tandis qu'on sillonne le plan d'eau pour répertorier les "troupeaux" sortis d'ailleurs.
Les deux bouteilles de sauvignon ne sont plus qu'un souvenir lorsqu'on aborde l'Ile aux Moines, pour s'informer si tout va bien, puis Arzon.
Mes compagnons poursuivent leurs missions forcément semées d'embuches, d'imprévus. Ca me rappelle le temps où je disais : "y'a pas de problèmes, y'a qu'des solutions" Ils en ont fait leur devise probablement depuis longtemps ! 

La flotte des yachts classiques poursuit son parcours qui les emmène dans la rivière d'Oray jusqu'au Bono, lieu de mon rendez-vous, ayant posé mon sac sur Christina II.
Je suis toujours à terre, et même si ce petit port d'Arzon est touristique, j'entend sur les ondes que la remontée de la rivière est une splendeur !!!! que fais-je ici ??????????. Je n'ai pas hélico... et un peu anxieuse sur mon avenir, je me gratte la tignace, ébouriffée par le vent.
Jakez a faim, les autres aussi.  A l'autre bout de la baie, la soeur de Polig possède un restaurant, "le Marin". En tant qu'invitée, le goût est encore meilleur... je vous recommande la lotte du chef. Le vin est à la hauteur et coule joyeusement. Ce sont des bretons, ne pas l'oublier!... Malgré une réputation bien établie, je n'ai pas leur capacité!......
Puis le trio décide de se poser là pour préparer la parade du samedi.
J'ai choisi le mauvais plan, me dis-je... J'exprime, un peu gênée, mon souhait d'aller au Bono. Pas de problème, me dit Anne, un taxi doit arriver, je lui dit de t'emmener. Merci Anne !
Je n'y étais jamais allée, poursuivant chaque année la montée jusqu'à Oray pour y retrouver des amis et leur jolie maison perchée sur le rocher dominant la rivière.

Retrouver la troupe rochelaise c'est le pied !, même si le repas offert par l'organisation, manque d'intimité, voire de convivialité. Chaque club nautique est responsable de son organisation technique, je suppose en mer et à terre. Plateaux repas moyennant tiquets dans le dossier des participants mais également aux touristes affamés, venus voir le spectacle et qui payent cash. Dans ces conditions, bien difficile,, voire impossible de se regrouper entre marins sous le chapiteau pour échanger nos impressions du jour et surtout faire connaissance avec d'autres équipages. Dommage! dommage aussi pour quelques équipages, venus vers 20h. Il n'y avait plus rien à mettre dans les assiettes...... Une saucisse entre deux tranches de pain n'a pas dû remplir les estomacs de la jeunesse naviguante.... Heureusement, moyennant quelques euros il restait du pinard ...

Sous le soleil couchant, l''équipage de Christina s'est retrouvé à bord,+ ma pomme et Gérard portant son indispensable accordéon pour accompagner nos chants de marins et bercer les dormeurs précoces.

Vendredi :

Réveil potron-minet, because marée descendante. Le ciel est ombrageux et le vent a oublié de se lever.
Pleine d'audace, l'oeil qui me reste, aperçoit un engin flottant, bleu, avec des chevaux au cul..., piloté par un homme dans la force de l'âge... portant deux appareils photos autour du cou. Bingo ! j'ai trouvé la perle rare ! Je fais du bateau stop, voulez-vous ma compagnie ? Bien sûr, une jolie femme, ça ne se refuse pas ! hem..... Il s'appelle Laurent Vidal passionné de voile et de mer, exerce cet art depuis 4 ans, ayant quitté Lille et les studios où il photographiait avec talent de jolies créatures pour la mode, la publicité et d'autres événements de communication.

Un semi-rigide, est agile, va vite, là où on a envie d'aller. Regarder un départ, suivre la course, remonter la flotte pour booster les derniers, changer de cap pour voir ce qui se passe ailleurs, auprès d'autres séries, monotype du Golfe,un petit bateau qui me fait penser au Miror si répandu chez les anglais, grands voiliers se préparant pour la parade de demain, avirons de mer, kayaks de mer, et les unités, toujours en bois, datant de 1960 et au delà.
Retour à Vannes pour retrouver les bignous, la foule qui écoute et regarde.

Samedi :

Sortie du port, du long chenal menant dans le golfe. Départ de régate pour les yachts classiques, le courant emmène la flotte jusqu'au Crouesty retrouver les multitudes de voiles prêtes pour la parades et l'entrée dans le golfe à marée montante.

Dès le matin, des voiles et encore des voiles partout, dans tous les sens. Tous se dirigent au louvoyage, vers la sortie, courant poussant. L'eau est un écrin bouillonnant. Le soleil et le vent sont de la fête. C'est impressionnant. Dériveurs et grands voiliers, en régate ou simples promeneurs, se côtoient, se croisent, se recroisent pendant cette longue remontée vers le large. Personne ne se heurte, c'est miraculeux !
Mon skipper Laurent a le volant dans une main et l'appareil photo de l'autre. Il est magicien dans le chenal bouillonnant. Il se plait dans cette tourmente parfaitement contrôlée. Nos estomacs sont solides, mais j'ai le sentiment d'être sur un cheval sauvage décidé à m'éjecter de son dos...
La parade attire une foule impressionnante sur les berges du parcours jusqu'à l'Ile aux Moines.
A 15h chacun a l'autorisation de pénétrer. Le soleil et le vent portant accompagnent les acteurs de ce spectacle grandiose. Les gros bateaux d'abord, suivis des petits, mais tous se mélangent très vite, dans une harmonie de couleurs .
Avec Laurent nous les poursuivons, nous les précédons pour la photo,mais aussi le regard sur ce panorama exceptionnel. Est-ce exagéré de dire que plus de 1500 bateaux étaient au rendez-vous de cette parade 2007. Tout peut le laisser croire et il me plait d'y croire.

Bravo à tous et toutes, organisateurs et acteurs du spectacle. Rien n'aurait pu se faire sans les uns et les autres.

                                                                                                                                                  Claude harlé

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