20 miles avec le safran brisé
16 août 2007
à 20 miles au large de St Quay, 
en route pour Guernesey
vent force 5, creux 1à 2 m,
navigation au près,
génois rentré, 2 ris dans la grand voile.
Tout à coup : le bateau ralentit,
un bruit sec et sourd,
on a accroché quelque chose ...
la barre devient molle,
le safran est plié
au niveau de l’étrier bas;
quelques secondes plus tard,
la partie rompue disparaît,
l’étrier bas est tordu.
On rentre la grand voile,
on marche au moteur pour améliorer la stabilité.
on cherche à revenir sur Saint Quay à l’allure grand largue.
Comment faire ?
- la partie restante du safran a encore un peu d'efficacité : on l'utilise au maximum en poussant la barre à fond, tantôt babord tantot tribord, et en anticipant les embardées du bateau car sans safran, il est devenu un peu comme une toupie sur l'eau : il présente un grand fardage et des que le vent prend par le travers, il lofe irrémédiablement.
- on sort un peu de génois, on le borde et on le choque successivement pour essayer de contrer les embardées.
- on sort enfin la dame de nage et le grand aviron (qu'on avait gardés précieusement depuis des années) mais des que le bateau part au lofe, les efforts à fournir sont tels que l'aviron a peu d'efficacité, il fléchit et menace de se briser...De plus, le support de dame de nage est mal orienté ; j’aurais du l’aménager comme ITAPOA ( voir sur le site : "entr. amenagts", dame de nage" )
Malgré tout, avec le reste de safran, le bout de génois et l'aviron, on arrive à revenir sur St Quay aprés beaucoup d'errements
A l'arrivée, on évite les bateaux qui naviguent près du port et les forts courants contraires nous font encore faire quelques 360° ...
Finalement, nous voici à l'entrée du port, les courants et le vent faiblissent,on touche le ponton
après 5 heures d'une navigation erratique, ouf !!!
Et vous, comment auriez vous fait ?
YARMAT ( 22 ), biquille de 1986, safran relevable en mousse, comme celui d’un dériveur lesté
Jacques Simon